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nature, paysage et patrimoine

Un projet éolien menace un habitat préservé aux confins des départements de Loire-Atlantique (44) et Maine-et-Loire (49) sur la commune de LoireAuxence à Belligné entre Le Coudray - La Davière - Le Haut Rocher - Lasseron - Les Châtelliers Est - Les Hautes et Basses Chauvinières - Le Mortier Quinet - Le Chêne Caudet - Bichat - La Gallerie

Situé sur la frontière historique Bretagne-Anjou, la partie ouest de Belligné a connu une histoire mouvementée à l'époque de la Grande Gabelle, avant de sombrer dans un relatif oubli qui a préservé nature, paysage et patrimoine.

Ce cadre de vie s'inscrit entre le bourg de Belligné (44) à l'ouest, la vallée de l'Auxence et la Chapelle Saint Sauveur (44) au sud, le bois des Charmeraies de la Cornuaille (49) au nord et le Bois des Loges du Louroux-Béconnais (49) au nord-est et Saint Sigismond (49) à l'est.

Les deux ruisseaux Auxence (17 km) et Vernoux (19km) coulent singulièrement en sens inverse de la Loire !

Les collines sont les restes d'une très vieille montagne qui s'est aplanie, qu'on appelle aujourd'hui Massif Armoricain : Alpes Mancelles (sommet de l'ouest Mont des Avaloirs 416m), Suisse Normande, Monts d'Arée, Mont des Alouettes, Corniche Angevine...

voir la carte IGN avec visite suggérée du site (chemin de remembrement).

La nature

Chouette Effraie au Coudray Entre Auxence et Charmeraies, la nature est très riche, si on compare au reste du département de Loire-Atlantique (44). Trois bois situés sur la Cornuaille au nord limitent la zone (carte) : bois de Rougé, Bois des Charmeraies et bois des Loges. D'autres bois plus modestes et le parc du Château de la Gallerie entourent la colline au sud.

Le bois des Charmeraies à la Cornuaille (49) est classé ZNIEFF, remarquable dans par sa richesse et loge des espèces et plantes rares (sarcelle d'hiver, papillons, salamandre, engoulevent...). Cette richesse naturelle n'est d'ailleurs pas répertoriée complètement (en 2021).

La zone d'implantation des éoliennes, toute proche de ce bois (moins d'un kilomètre) impactera fortement le biotope actuel, particulièrement les oiseaux sédentaires et migrateurs, attirés par les zones humides (prairies, mares). Huppe fasciée à la Gallerie à Belligné

Plusieurs étangs se trouvent dans la vallée. Le ruisseau le Vernoux (19km) contourne par le nord le Bois des Charmeraies et débouche sur l'Étang de la Clémencière à la Cornuaille (49) classé aussi ZNIEFF pour rejoindre ensuite la Romme (32km) qui se jette dans la Loire à Champtocé.

On observe un gibier abondant depuis les sentiers et chemins ruraux qui serpentent entre Auxence et Charmeraies : de nombreux chevreuils, perdrix, lièvres, faisans, sangliers....

Chauve-souris en vol Des hérons cendrés, grande aigrette et garde-boeufs sont présents surtout à la mi-saison. De nombreuses chauve-souris sont facilement observables les soirs d'été aux abords des maisons et dans les chemins.

Des colonies d'hirondelles de cheminée, martinets noirs, corbeaux freux -qui logent sur les peupliers de l'Auxence-, des chouettes effraies et chevèche, des buses ou encore la célèbre huppe fasciée, des rouge-queue ou pic épeiche sont bien présents.

On a aussi pu noter d'autres oiseaux plus rares : le busard Saint Martin qui plane sur les champs, l'oedicnème criard qui niche par terre, le milan royal, etc. Des migrateurs se posent dans les zones humides : oies sauvages, bécassine...

L'association VCNA organise des sorties d'observation ornithologiques Action

Le paysage

Le paysage agricole est passé aux pratiques intensives. Le remembrement a réuni des parcelles morcellées, surtout en exploitation, ce qui a conduit à une augmentation notable de la taille des engins agricoles.

Toutefois, certains agriculteurs maintiennent une agriculture respectueuse de la nature et de la qualité. En particulier, des bovins sont ici élevés avec maintien du fanage, sans faire de l'enrubanage qui devient la norme. Nourris au fourrage, ils produisent une viande "qualité bouchère" remarquable.

Rouge des Prés

On note aussi quelques vignes sur les côteaux, derniers vestiges aux plants hybrides (5454, baco, oberlin...).

Des ruches sont aujourd'hui de plus en plus nombreuses. chemin de remembrement entre Chêne Caudet et la Davière

Pour découvrir ce paysage, randonnez avec nous ou avec lien externe randoloiregalerne.fr

Le patrimoine

Ceux qui ont à coeur de restaurer et d'entretenir le patrimoine voient d'un oeil désolé l'installations d'éoliennes industrielles en pleine campagne. Tous ceux qui ont déposé un permis de construire qu'il a fallu justifier devant leur Mairie tatillonne (surface, matériaux...), ceux qui ont dû suivre "à la lettre" l'architecte des bâtiments de France avec de gros frais, tous les amoureux du patrimoine s'étonnent des permis de bétonner délivrés sans aucune retenue à des installations de 150m de haut visibles à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Deux poids, deux mesures ? L'argent roi tourne bien au-dessus de tous les textes de loi qui ne s'appliquent qu'à la population locale, aux indigènes de l'ère post-industrielle, bref les ruraux ! Les contraintes qui pèsent sur plus grand nombre ne concernent pas à "l'élite éolienne" qui détruit paysage et patrimoine sans aucun état d'âme avec l'aval des élus. Et la France avec son patrimoine unique et préservé jusqu'à aujourd'hui est en passe de devenir une immense zone grise, pour ne pas dire une déchetterie monumentale...

Sous l'Ancien Régime, le privilège de Grande Gabelle taxait le prix du sel en Anjou : 20 fois supérieur à la Bretagne. Le traffic de sel constituait une manne mais "à risque" pour les passeurs, qui mena à de nombreuses échauffourées avec les forces de l'ordre (cf journal histoire Ancenis).

Dans le village de Lasseron, à l'époque aussi gros que le bourg de Belligné, ces grandes heures de "l'or blanc" se sont traduites par la construction d'un grenier à sel, d'un tribunal et d'une prison. La fameuse "Virée de Galerne" des Chouans est passée par ici. Un prêtre réfractaire, l'abbé Noël PINOT, se réfugiait dans les fermes avoisinantes entre Auxence et Pontron. Un monument le rappelle à Lasseron.

Le Château de la Galerie, autrefois "La Vieille Cour de Belligné" fut démoli à la révolution, puis reconstruit plus tard par un diplomate. Son parc est remarquable avec des arbres bi-centenaires et des cyprès chauves. Le Château de la Verrie (plus loin route de Candé) verra lui aussi les pales tourner à ses fenêtres...

Le village du Coudray compte une ferme de 1599 et le Manoir de la Plesse de 1715 (pierres gravées)

Et bien entendu presque partout : les fermes qui quadrillent littéralement la zone en autant de lieux-dits avec de nombreues dépendances et détails dignes d'intérêt architectural et patrimonial : puits, étables, écuries, soues, moulins, fours à pain...

Champ de blé vert avec cyprès par Van Gogh corrigé par Pompili Dans ces bâtisses se mêlent tous les matériaux nobles et variés issus de la richesse locale :
-l'ardoise d'Anjou (gisements de l'Anjou bleu dès la Cornuaille)
-les pierres schisteuses plates
-les moellons rouges parfois énormes
-le tuffeau de Saumur blanc crème (portes, fenêtres)
-le tuffeau bleu-gris de Nantes introuvable aujourd'hui (carrière fermée)
-les terres cuites (carreaux, fours, cheminées)
-les charpentes en chêne massif, fuseaux en châtaignier, etc.

Les couvertures sont en ardoise (nord-Loire) à forte pente et sont une transition entre Bretagne et Anjou (lignolet ou faîtage à noeuds, souvent sans pignon).

Autres infos historiques locales sur lien externe www.infobretagne.com/cantondevarades.htm

Ces bâtiments de l'Ancien régime sont pour beaucoup demeurés intacts jusqu'au XXIe siècle, grâce à l'oubli relatif de ce petit coin aux marches de Bretagne historique, devenu Pays-de-Loire au XXe siècle. Ils constituent un patrimoine rural dont la valeur doit être soulignée à notre époque d'urbanisation anarchique (lotissements et permis de construire en pleine nature).